encre chien et loup

19 décembre 2007

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Réactiver ce blog? Pourquoi pas?

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07 mai 2007

on ira tous au paradis

A voté, mon pélot!
A voté, et j'ai envie de dire démerde-toi, toi qui râlera parce tu attends au guichet, parce que personne n' a lu ton dossier, parce que tu es renvoyé à quinzaine,parce que le maître ré-éducateur a pas le temps de prendre en charge ton môme en difficulté, parce que tu verras si une entreprise privée se démerdera autant que l' EDF en cas de tempête, parce que
Parce que
-l'Italie de Berluscon elle en est effectivement à obliger les familles du malade à dormir avec lui à l'hôpital, tellement le service de nuit est une calamité, et je ne te parle pas de l'état des lieux,
-Parce que, dans  l'Amérique de Bush, l'espérance de vie d'un noir américain est celle d'un jamaïcain
-Parce que, dans l' Angleterre de Blair, les riches sont devenus plus riches à hauteur de 260% de leur revenus d'il y a dix ans.
-Parce que "l'emploi" y est un n'importe quoi payé une misère, juste bonne à faire baisser les chiffres du chômage officiel, mais avec lequel on ne vit pas monsieur, on compte.

Alors mon pékin amateur de mécaniques roulées, de mouvements de menton, toi qui à 60% a voté sans lire le programme-tout en te  plaignant que ces jeunes ne sachent plus lire, toi qui n'a pas réalisé que tes enfants et toi même pourraient nourrir le fichier Ariane, pour une peccadille, ne serait-ce que pour avoir grillé un feu rouge , un peu bourré, pour fêter la victoire- et non, mon pauv' vieux, tu n'étais pas au Fouquet's, ce truc de parvenus, toi qui  demande à la ronde, juste après ta quatrième bière, si les bonnes femmes pourraient pas arrêter leurs conneries et s'occuper des mômes plutôt que de faire de la politique, toi qui honnit le voleur de poule et encense l'homme politique condamné, toi qui ne te rend pas compte qu'en scrutant ton bulletin F_,N, à se demander pourquoi diable le malheureux que tu es en est poussé à cette extrémités là, on te fait la pire injure, celle de te disqualifier de ton propre choix, toi  qui  vote comme ça, parce que tu es comme cela, toi, toi qui a voté pour la carotte et le bâton et qui, outre le bâton sur la tête, va se retrouver avec la carotte dans le cul ( que ceux qui aiment ça me pardonnent...) mon néanmoins semblable, mon frère, que je ramasserai dans la rue ton soir de cuite, à qui je tendrais le mouchoir les jours de pleurs, aux enfants duquel je sourirais quand ils suçoterons leur doudou dans leur poussette, toi qui roule les mécaniques et attend toujours de ton voisin qu'il soit plus solidaire, plus respectable, plus responsable que toi,

Tu me fatigues.

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29 avril 2007

balançoire

Des fois, je marque le pas.
Des fois, je me dis que j'ai joué une grande partie de la pièce, pas plus mal qu'une autre.
Et des fois je suis fatiguée. Justement parce la pièce est parfois longuette, les répliques convenues. Je vois des gens se rétrécir, d'autres se rétrécir plus encore de croire à un éternel recommencement, sans se rendre compte que leurs passions n'ont plus de souffle, plus d'autre place que celle de superstitieuses amulettes, qu'elles sont de plus en plus courtes, de plus en plus vagues, de plus en plus vite rangées dans la vitrine au souvenirs, de moins en moins dérangeantes.
Des fois la pellicule grise gagne du terrain, et il faut faire l'effort de l'arracher, tant pis si ça saignote un peu.
Oui, oui, demain. Demain je repartirai à la source, je m'obligerai à regarder la beauté, je prêterai attention à ce qui cherche à vivre.
Demain. Ce soir, je suis fatiguée, je voudrais détacher un à un ces liens qui me soutiennent et me limitent, je voudrais relâcher les épaules, ne plus me souvenir, qu'il y a déjà longtemps, très longtemps que j'ai renoncé à la tentation d'être folle, enclose et radicale dans la spirale, et qu'on ne revient pas en arrière.
Des fois, j'aimerai bien ne pas avoir à me dire que la lucidité n'est pas le détachement, le détachement n'est pas le bonheur.
Et quand au bonheur, c'est pas toujours la joie.


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21 avril 2007

point limite

La seule photo qu'on ne pourra jamais prendre, c'est ce qu'on voit quand, assis, tête  baissée, entre ses mains, on pleure, les yeux ouverts.

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14 avril 2007

Arial, taille normale

C'est quoi ce bruit?
-Pas grand chose, un lien qui casse.
Pas très solide hé?
-Lien de blog, tu sais, ça va ça vient.
Y s'est passé quoi?
-L'a joué au con avec une dame, s'est fait engueuler par moi, parce qu'à partir d'un certain âge, on est responsable de ce qu'on dit aux gens.
Quand on les engueule aussi?
-Voui.
T'es triste?
-J'sais pas vraiment. Faut dire qu'il apporte de l'eau à mon moulin. Je lui reprochais justement de ne  s'intéresser aux gens que dans la mesure où ils elles peuvent entretenir une douce rumeur d'admiration et de confidence autour de lui. Dans des limites très étroites.
Donc, tu es sortie de son du choeur?
-g'zactement.  Donc plus d'image, plus de son.
Mais est-ce que tu regrettes?
-J'sais pas, t'ai dit. Je regarde la pièce qu'on m' a refilée, et je me dit que c'est de la fausse monnaie.  Y a rien de plus tentant à refiler, d'ailleurs. Ouais, c'était une belle histoire, mais tu vois, j'suis trop entière comme fille, tant pis. TTe façons c'pouvait pas durer, c'tait trop intense.
Et l'autre version?
-Des mômes. Des petits garçons persuadés par maman que leur moindre mot vaut de l'or, que chacune de leurs miettes doit rassasier , qu'ils peuvent distribuer le bonheur autour d'eux sans effort, parce que les contempler suffit. Déçus, toujours quand ils s'aperçoivent que ça marche pas. Sont jamais aperçu que ça marchait jamais d'ailleurs. Rendre heureux, c't'un vrai boulot. Comme la cuisine.
Mais pourquoi t'es aussi en colère, c'est pas toi dont il s'agit au départ?
-Fait longtemps que je tire à vue sur ceux qui font des grands discours sur l'état du monde et qui salope leur immédiate proximité. Puis c'est pas vrai, je suis de la partie aussi. La preuve.
Alors pourquoi écrire ça?
-Parce que l'esquive mesquine, c'est pas ma culture. Parce que je ne suis jamais partie sans dire au revoir ou adieu de façon claire. Pasque je suis chiante, pas lâche.
Pourquoi ici?
-Parce qu'il ne va pas pouvoir s'empêcher d'y faire un tour. On parie?

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09 avril 2007

pâques, ma poule

Je sais, d'aucuns prétendent que cela ne se fait pas, que ce n'est pas possible même. Et pourtant oui, depuis tant d'années. Il dort à peine et tout de suite sa peau se réchauffe sous la paume. Regardez moi, je suis une patelle, le nez planté contre son pectoral droit, la main sur sa fesse. Pourquoi bouger? Je le respire, je l'écoute. Il se peut qu'il replonge dans le sommeil, il peut remonter, par palier, comme un plongeur. Les yeux bandés, je reconnaîtrais son épaule, cette rondeur lisse, cette odeur de pain cuit. Je ne suis déjà plus si immobile, de patelle,  je deviens anémone de mer, je suis mûe par un courant tiède, à peine perceptible, sauf par lui. C'est doux, infiniment, cela peut devenir brusque, d'un moment à l'autre. Cet homme-là bande au jugé, dès que je pose ma main sur lui, avant même de savoir ce qui le touche quand je le touche. Il ne s'offusque pas quand j'en ris, il s'en amuse lui-même, et d'un seul geste, me ramène contre lui.
15 ans, merde...

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29 mars 2007

vu sous cet angle

Ce matin, la lumière était belle, et j'ai eu envie que quelqu'un me prenne dans ses bras. Celui que j'aime n'y pense pas ce soir, sa tête  est ailleurs, et le reste en sommeil. Il faudrait que j'aille l'éveiller. Je peux le faire, il suffit parfois d'un geste, d'un regard, je n'en ai pas envie. Petite mortification du soir, je reste bougonne et malgracieuse. Non je ne suis pas fâchée, ni triste, j'ai juste envie que quelqu'un me prenne dans ses bras, et me tienne d'assez près pour que je puisse lui dire  que ce matin, la lumière était belle.

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24 mars 2007

beurk, parfois.

Décidément, ce pays est en plein délire. Une directrice d'école arrêtée, des gaz lacrymogènes à la sortie de la maternelle, des profits boursiers et des aides publiques qui, selon le CANARD ENCHAINE ne seraient pas un "sujet de campagne", aux yeux de madame MEDEF, un histrion dont les désirs sont en désordre, mais qu'il prend pour la loi, un milliardaire qui, la tête haute et les mains propres, a forcément le cul sale, une madame j'ordonne grimpée sur ses ergots, qui n'a de rose que ses tailleurs, une floppée de mini sauveurs du monde s'excluant les uns les autres.
Mais, heureusement, il y a Grand Corps Malade, pour débuter la journée, un petit Kir au bistrot, avec un coquin soleil sur le bout du nez, et ce type qui m'a souri.

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20 mars 2007

ça dépend s'il y a du vent

Des fois, je pense une chose et son contraire. Des fois, j'ai envie de lâcher une idée que j'aime, parce que celui qui la soutient avec moi en fait quelque chose que je n'aime pas.
je n'ai rien contre l'infidélité. mais quand celui (ou celle) qui l'invoque comme un principe s'en sert pour masquer sa puérilité, son intolérance au moindre cahot, sa peur de vieillir, je me sens l'envie de tirer à boulets rouges.
J'aime bien penser que je suis fidèle depuis un moment. Mais quand celui ou celle qui en parle, brandit cela comme un étendard, une nécessité absolue, je me mettrai presque à vouloir leur faire croire que je me vautre dans les clubs du libre échange.

Pareil pour certaines notions qu'agitent actuellement nos politiques. Oui, c'est bien de se sentir heureux d'habiter un beau pays, avec une histoire riche, sinon paisible. De là à en faire un Graal, à mériter au prix d'une dévotion constante... Beurk.
Et je vais où avec ça?

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17 mars 2007

se refaire une beauté

Ce que je n'avais pas réalisé, en ouvrant ce second blog, c'est qu'il me faudrait refaire le même chemin en direction des lecteurs. Car il ne faut pas rêver, s'il s'agit de ne parler qu' à soi, autant se faire tout de suite une camomille et économiser la connexion. Or, les premiers liens, je les ai fait avec candeur, enthousiasme et même fraîcheur. Et ce n'est nullement de leur faute si les fils de soie ainsi tissés m'ont fait un cocon de plus en plus emprisonnant. Ils existent toujours, ces amis lecteurs, et je continue de leur parler.
Pour que cette deuxième fausse identité, qui n'est pas plus truquée que la première, et peut être moins que la vraie, pour qu'elle fonctionne, il faudrait qu'avec elle, je parcours des terrains vierges, que je provoque la rencontre, sollicite le regard à nouveau.
Et nom d'une camomille, que j'ai la flemme! que cette idée me fatigue à l'avance...
Je crois que je vais attendre encore un peu.

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